Ce mercredi, les promeneurs et automobilistes ont pu découvrir avec étonnement une drôle d’équipe dans le cours de l’Alzon au niveau d’un des ponts de Saint-Maximin. Telle des chasseurs cherchant à acculer leurs proies, elle remontait le courant en rang fourni d’une rive à l’autre. Équipée de larges épuisettes, elle semblait vouloir pêcher tous les poissons qui avaient le malheur de croiser leur chemin, sans exception ! Et la méthode ne leur laissait aucune chance : assommés par des coups de décharges électriques, les malheureux finissaient, étourdis, dans des nacelles. Un combat bien inégal !
Mais rassurez-vous, cette expédition était montée avec les meilleures intentions : capturer les malheureux avant remise en liberté.
L’objectif : le suivi scientifique des populations d’espèces aquatiques pour connaître leur évolution et mieux adapter les mesures de conservation.
La pêche électrique est une pratique reconnue scientifiquement et est la plus fiable pour un échantillonnage non sélectif (petit et grand individus, toutes espèces…) en cours d’eau. Le courant électriques délivré est adapté selon la conductivité du cours d’eau (mesurée au préalable) pour rendre l’attractivité des poissons efficace tout en minimisant l’impact sur les poissons. Les opérateurs sont formés et habilités pour pouvoir faire ce type d’opération. Dans cet inventaire, être isolé de l’eau est primordial : waders étanche et gants d’électricien sont obligatoires et nécessaires !
Ce suivi biennal (tous les deux ans) est commandée par l’Office Français de la Biodiversité, et confié à la fédération de pêche du Gard associée pour cette campagne au bureau d’étude Aquascop. Le SMGG en tant que partenaire, est sollicité pour apporter son aide. Deux agents ont été mobilisés pour cette matinée de suivi.
L’expédition révèle quelques bonnes surprises : un castor est passé par là !
Et des moins bonnes : des invasifs, ici une perche soleil, mais aussi de nombreuses écrevisses de Louisane. Ils finiront tous euthanasiés (tout prélèvement doit être suivi de destruction immédiate).
Après la pêche qui s’avère plutôt ludique, viennent les choses sérieuses : tri espèces par espèces, comptages, pesage, mesures.


Parmi les bonnes surprises : des anguilles d’Europe dont l’espèce est aujourd’hui classée en danger critique d’extinction au niveau mondial.
Une dizaine de chevennes seront sacrifiés pour tester les polluants contenus dans leur chair.
Et le plus jouissif (pour nous en tout cas !) : la libération !
Résultats :
10 espèces de poissons ont été prélevées : le spirlin, petit poisson fonctionnant en banc comme les ablettes ou les vairons, domine largement avec des centaines d’individus – le chevesne, le vairon, le barbeau fluviatile, le blageon, la loche franche, le gardon, l’anguille, le goujon, la perche soleil et le toxostome.
Les années précédentes, l’inventaire mettait en évidence la présence de rares individus de brochet et de perche commune mais qui se sont révélés absents cette année. Réelle disparition ou déplacement ponctuelle des individus en dehors de la zone échantillonnée ? Difficile à dire aujourd’hui. Nous pourrons peut-être l’attester lors de la prochaine campagne dans 2 ans.
Le nombre d’anguille semble stable avec les années antérieures, avec des tailles comprises entre 20 et 55 cm !
De manière générale, l’impression des opérateurs est qu’il y a eu moins de poissons, notamment les « gros » (> 25 cm), mais l’analyse des données n’est pas encore faite.






